CONFÉRENCES

Séance 1 – Les territoires de l’appartenance urbaine : le quartier et son double

Construire son identité, s’approprier le territoire

Depuis plus d’une quinzaine d’années, nous mettons en place dans les classes du primaire en France et au Québec, des projets pédagogiques qui reposent sur l’idée qu’en faisant découvrir aux élèves le paysage qui les entoure, en les guidant dans la conceptualisation du Temps et de l’Espace et en leur permettant de s’y inscrire, nous favorisons la construction de leur identité sociale et par le fait même, leur insertion sociale. Ce sont ces différents projets, leur transversalité et leur unicité que nous nous proposons de présenter dans le cadre du Forum.
Une conférence présentée par Julia Poyet.

« Nommer un lieu, c’est se l’approprier » : la renaissance d’un quartier nommé Mile-End, 1966-2003

Au début des années 1960, Mile End est un toponyme pratiquement oublié. La gare qui portait ce nom a fermé ses portes en 1931, et la communauté juive qui en a fait son quartier d’adoption n’utilise pas ce toponyme. S’il survit, c’est parmi les familles canadiennes-françaises catholiques qui s’identifient à la paroisse communément dénommée « Saint-Enfant-Jésus-du-Mile-End ». Le nom va cependant ressurgir à partir du milieu des années 1960, dans la foulée des mouvements citoyens et de la réappropriation des quartiers centraux, alors considérés comme des zones grises sans avenir. Cette renaissance témoigne de la transition entre les anciennes identités territoriales, marquées par l’appartenance ethnique et religieuse, et les nouvelles identités contemporaines qui se tissent à l’intérieur d’un territoire d’appartenance, le quartier, aux frontières fluides et en constante évolution.
Une conférence présentée par Yves Desjardins.

À venir

Séance 2 – Le quartier au quotidien

Pointe-Saint-Charles, juin 1921 : Alice Dupont, comment ça va ?

Alice Dupont, 22 ans, mariée à Donat Galarneau, un jeune ouvrier de 21 ans, répond aux questions du recenseur en juin 1921, à moins que son mari soit présent et qu’il donne les réponses. Chose certaine, Monsieur Stattery, le recenseur, ne lui demande pas comment elle va. Nous tenterons néanmoins de répondre à cette question. À cette fin, nous mettrons à profit l’histoire de la famille et de la parenté proche, de même que nos connaissances sur la maison et le secteur où ils habitent. Bien sûr, les réponses données au recenseur sont essentielles, d’autant plus que nous pouvons les contextualiser grâce à un portrait socioéconomique général du quartier. En fait, ça va mal pour le couple en 1921; vraiment très mal. Mais il y a de l’espoir, bien réel, car ça ira beaucoup mieux au cours des années suivantes. Les petites-filles d’Alice et Donat nous l’ont dit.
Une conférence présentée par Gilles Lauzon.

Une vie de débardeur : troubles et changements dans les quartiers du bord de l’eau

Entre les années 1960 et 1975, les débardeurs du port de Montréal ont vécu de profondes et durables transformations telles que l’ouverture de la voie maritime du Saint-Laurent, la conteneurisation des méthodes de travail, l’altération des relations de travail et l’assainissement progressif du monde des quais. En plus, durant ces années, les quartiers « du bas de la ville » subissent d’irréversibles détériorations poussant de nombreux débardeurs qui y habitent à déménager en banlieue ou dans les nouveaux quartiers de l’est montréalais. Le port, quant à lui, s’isole derrière des clôtures et des barrières limitant dès lors les interactions avec la ville. En somme, cette intense période de quinze ans aura été le témoin du schisme entre l’ancien et le nouveau monde du débardage : après ces années, plus rien ne sera pareil.
Une conférence présentée par Étienne Martel.

Wartime Housing and Architectural Change, 1942-1992

This illustrated paper is the result of a two-year study undertaken in the early 1990s. Funded by the Canada Mortgage and Housing Corporation and managed by Profs. Annmarie Adams and Pieter Sijpkes, from the School of Architecture at McGill University, the project explored architectural changes made to individual wartime houses in Ville St-Laurent, Quebec. These houses were built as temporary habitations for the workers in the aircraft industry based in St-Laurent. The municipality had demanded that the units would be placed on provisional wood post footings, to guarantee that they would not become permanent. In-depth interviews with longtime occupants and a comprehensive photographic survey of the wartime neighbourhood revealed three key findings (1) wartime work experience encouraged householders to undertake renovations themselves (2) renovations followed a copy-cat pattern, and (3) many women managed household renovations. Somewhat counter intuitively, then, houses built by Wartime Housing Ltd offered homeowners not only an opportunity to participate in the design of their own domestic environments, the temporary nature of the foundations made fundamental changes a necessity. The case study thus shows how powerful experiences such as war and its aftermath can intensify processes of inhabitation. In Canada, for example, World War II actually improved everyday housing.
Une conférence présentée par Annmarie Adams.

Séance 3 – Les représentations des quartiers montréalais

Vendre la banlieue aux Montréalais: évolution des stratégies publicitaires et de l’idéal suburbain, 1950-1970

La suburbanisation n’est pas une nouveauté dans l’Amérique du Nord des années 1950, mais c’est durant cette décennie qu’elle se déploie de manière spectaculaire, à la fois dans l’espace urbain et dans l’imagination. Dans le cadre de cette communication, je propose d’explorer cette révolution suburbaine en analysant et en comparant les discours publicitaires élaborés dans les années 1950 et 1960 pour vendre aux Montréalais, anglophones et francophones, le rêve suburbain. Ce discours publicitaire agit comme un miroir déformant des aspirations des Québécois et Québécoises de l’après-guerre, aspirations qui sont manipulées et instrumentalisées par le publicitaire pour vendre son produit. Il s’en dégage tout de même un puissant imaginaire suburbain qui rejoint la majorité des habitants de la province, qu’ils décident de l’embrasser ou de le rejeter.
Une conférence présentée par Harold Bérubé.

La construction identitaire du quartier chinois

Le Quartier chinois de Montréal a traversé les étapes « classiques » de l’évolution urbaine d’un Quartier chinois (naissance, expansion, déclin, extinction ou réhabilitation). Apparu en partie par les préjugés et la discrimination ouverte de la communauté blanche, le Quartier chinois s’est aussi constitué de par le désir de perpétuer une culture et des coutumes de vie propres, de répondre à des besoins économiques, d’établir un réseau social et d’influencer la chaîne migratoire. Un siècle après l’arrivée des premiers immigrants chinois (vers 1880), le quartier s’est muté en un lieu de représentation de la communauté chinoise de Montréal. Cet ancrage identitaire a fait appel à des images fortes qui ont remodelé le paysage construit rendant mieux le caractère et l’identité chinoises. La conférence exposera le processus d’« enchinoisement » qui a ont contribué à asseoir l’identité chinoise et à en faire un lieu unique.
Une conférence présentée par Jonathan Cha.

À venir

Séance 4 – La ruelle dans la vie de quartier

Les ruelles du village Laurier

Montréal est connue pour son urbanisme et son architecture uniques, notamment les ruelles dans ses quartiers résidentiels. Les ruelles de Montréal sont devenues une partie intégrale dans l’urbanisation et le lotissement vers la fin du XIXe siècle. Le village Laurier est composé de segments venant de plusieurs anciens villages : village des Carrières, village des Tanneries, village des Pieds-Noirs, Pierville, village Côte-Saint- Louis, et plus récemment ceux de Saint-Louis-de-Mile-End et Saint-Jean-Baptiste. À travers les années, ce territoire fut loti, particulièrement dans le boom de construction du début du XXe siècle. Les ruelles sont donc devenues une partie intégrale de l’urbanisation, de la vie quotidienne, sociale, culturelle, économique et parfois politique du quartier. Cette présentation vise à explorer les ruelles du village Laurier comme des lieux privés, mais accessibles au public, lieux de rencontre, d’échange, de plaisir et finalement comme lieux de création artistique (graffiti, street art, etc.).
Une conférence présentée par Mehdi Ghafouri.

Montréal en ruelles : L’appropriation par les sens

Que voit-on dans une ruelle? Que sent-on? Que ressent-on? Qu’est-ce qu’on peut y toucher ou encore y goûter? Quels en sont les bruits? La découverte d’un lieu se fait par nos sens : ce sont eux qui nous permettent d’appréhender et d’apprivoiser notre entourage. La chercheure, dans le cadre de son projet de maîtrise, a exploré les manières dont les résidents de Rosemont-Petite-Patrie se sont appropriés leurs ruelles. Témoins de la vie de tous les jours, au fil des décennies, elles ont fait partie du quotidien de plusieurs générations, terrain de jeux pour les enfants comme lieu de passage ou espace de travail. Voyons comment les sens participent à la construction de l’imaginaire de la ruelle montréalaise, d’hier à aujourd’hui.
Une conférence présentée par Charlotte Kelly.

À venir

Séance 5 – Parcs, jardins et paysages des quartiers

In pursuit of “la ville verte et fleurie”: Civic horticultural initiatives in twentieth-century Montreal

Montréal has long been known for the beauty and social vibrancy of its public parks, and is home to a Botanical Garden of international renown. In the past, it has hosted major horticultural exhibitions, and in recent years, supported an impressive variety of innovative urban agricultural initiatives. Less well-known however, is the extent and variety of more modest municipal horticultural initiatives undertaken by the city in the middle years of the twentieth century. These contributed in important ways to social and cultural life at the neighbourhood level while also serving a variety of political objectives. This talk will provide a brief introduction to this history, focusing on key initiatives from the 1940s through the 1980s as a means to demonstrate the richness of Montreal’s civic horticultural history, and provide context for present-day urban gardening practices and neighbourhood-based initiatives.
Une conférence présentée par Erin Despard.

Portrait du paysage pédagogique et social d’une paroisse moderne d’Ahuntsic

La paroisse Saint-Simon-Apôtre située dans le quartier Ahuntsic a été fondée en 1953. Son aménagement combine des solutions innovantes à la fois à l’échelle architecturale et urbaine. À ce titre, nous souhaitons vous présenter l’histoire bâtie de ce secteur ouvrier méconnu comme un laboratoire où formes et espaces ont servi à répondre aux préoccupations d’alors, notamment sur le plan pédagogique, ecclésial et social. Les édifices et les aménagements que nous aborderons composent le noyau de cette zone résidentielle modeste, à l’époque résolument moderne, implantée aux abords du secteur industriel Chabanel.
Une conférence présentée par Marie-Dina Salvione.

Le Circuit Jardins

Le Circuit Jardins est né de l’idée de transformer des terrains vacants présentant des problématiques sociales importantes propres aux grandes villes, telles que le vandalisme, l’insécurité, la consommation de drogue et la prostitution en des forêts urbaines. En adoptant une approche écosystémique, ces espaces urbains sont renaturalisés en respect avec la biodiversité. D’ailleurs, tous les jardins représentent des thématiques environnementales différentes (jardin Culture Autochtones, jardin Boisé d’ici et d’ailleurs, etc.). Ces forêts urbaines sont un excellent moyen pour contrer les effets néfastes des îlots de chaleur et augmenter la biodiversité urbaine tout en redonnant des espaces verts aux citoyens. Nous croyons que cette approche durable, accompagnée d’activités de sensibilisation environnementale, contribue à l’émergence d’une écocitoyenneté active.
Une conférence présentée par Pierre Dénommé.

Séance 6 – La musique des quartiers de Montréal

Le Montréal lyrique

Les premiers échos d’opéra se font entendre dès le 18e siècle. Au 19e siècle, Montréal devient un centre névralgique de la vie lyrique nord-américaine. Troupes et grands artistes viennent principalement des États-Unis pour s’y produire alors, installant une vie culturelle riche et faisant rayonner Montréal sur la plaque lyrique nord-américaine. Cette impulsion coïncide avec l’accession à la richesse des franco-canadiens, essor économique qui entraîne dans son sillage le développement d’une vingtaine de lieux de diffusion de l’opéra. Et tout au long du 20e siècle, l’opéra continuera d’enchanter. Le Montréal lyrique à travers certains de ses lieux de diffusion.
Une conférence présentée par Pierre Vachon.

Les Veillées du Plateau

Durant plusieurs années, le Service d’animation socio-culturelle de l’Université du Québec a organisé des soirées de danses traditionnelles québécoises, « les Veillées à tout le monde », au pavillon Latourelle sur la rue Cherrier. Tous les samedis soir, les étudiant-e-s et la communauté en générale était conviés à danser, guidés dans leurs pas par un maître à danser appelé le « câlleur » accompagné de violoneux et d’accordéonistes de différentes régions du Québec. En 1981, l’Université a mis fin à ces soirées, mais un groupe de fervents danseurs ont entrepris de poursuivre ces soirées très populaires et ont fondé une association et organisé des soirées appelées dorénavant « Les Veillées du Plateau ». Cette association existe depuis maintenant 35 ans et travaille toujours à faire la promotion du patrimoine vivant. Plusieurs autres activités se sont rajoutées depuis.
Une conférence présentée par Carmen Guérard.

À venir